Interview: Headhunterz, Dj Hardstyle reconverti?

Interview: Headhunterz, Dj Hardstyle reconverti?

Headhunterz, Dj Hardstyle n°1, 40e au Top 100 DJ Mag, 11e en 2012 nous a fait l'honneur de répondre à quelques questions

Comment es-tu arrivé sur la scène Hard ?

En fait, j’ai grandi avec. J’ai commencé à sortir quand j’avais 16 ans, le club du coin passait du Hardstyle et je suis directement tombé amoureux de ce style. Tous mes potes aimaient ça donc tu vois, c’est venu automatiquement. Quand j’ai commencé à faire de la musique, je voulais faire quelque chose qui impressionnerait mes amis et que nous puissions apprécier tous ensemble. Donc je l’ai fait et ils ont aimé. Ensuite mon objectif était de jouer la musique moi-même dans ce club. Et donc, bien sûr, je voulais faire du Hardstyle parce que c’était ce qu’il y avait là. J’y ai mixé et après j’ai commencé à sortir mes musiques. Le Hardstyle est une partie de ma jeunesse.

D’où vient ton nom de scène Headhunterz ?

En réalité, c’est très ennuyant. Quand j’ai signé avec Scantraxx en 2006, je devais venir avec un nom. J’étais avec un autre gars, on a commencé à combiner des mots et nous sommes arrivés à Headhunterz, ce qu’on trouvait vraiment cool. L’autre gars (NDLR : Bobby van Putten) est parti après un an et personnellement, je voulais continuer et j’ai gardé Headhunterz parce que je trouvais que ça sonnait mieux que "Headhunter"

En tant que Dj, tu ne fais pas qu’aller mixer en soirée, tu produis aussi tes tracks. Combien de temps passes-tu dans ton studio chaque jour ?

Cela dépend vraiment des jours parce que parfois tu as un élan de créativité et d’autres fois pas. Quand je suis dans les bons jours, ça peut facilement être 15 à 16 heures et même parfois bien plus et quand je suis dans un mauvais jour, parfois j’abandonne après 3 heures. Mais je travaille énormément.

Comment qualifierais-tu l ‘évolution de la Hard Music ?

C’est un mouvement très intéressant qui a beaucoup d’adeptes qui en font leur style de vie. C’est parti d’un très petit mouvement underground et qui a grandi vers un mouvement qu’on pourrait aujourd’hui presque qualifier de Mainstream. Cela devient énorme avec une audience très large.

Et ton évolution personnelle?

Mon évolution personnelle? Comment je pourrais la décrire… C’est une partie de ma vie, je ne me souviens pas avoir emprunté d’autres chemins qui celui-ci. Je ne saurais pas imaginer quelque chose de différent. C’est une voie qui m’a beaucoup inspiré et je suis très reconnaissant de l’avoir prise.

Il y a 4 ans, tu es entré dans le DJ Mag Top100, et 2 ans plus tard, tu te positionnais à la 11e place. Comment as-tu vécu cette consécration, cet honneur que tous les Dj’s recherchent?

Au moment où j’ai su que j’étais le Dj Hardstyle numéro 1, j’ai tout de suite décidé pour moi-même, que oui c’était cool mais je ne voulais pas en faire trop et me tenir à ça car je ne voulais pas avoir peur de perdre cette place, tu vois et donc je me suis en quelques sortes dit à moi-même que ce n’est pas ce que c’était, oui c’était sympa mais voilà. Un peu comme un cadeau qui m’était offert, mais cela n’aurait pas d’impact, c’est juste un extra. Et aussi parce que j’ai une très bonne amitié avec beaucoup de mes collègues Dj’s et je ne me suis jamais senti supérieur ou quoi que ce soit par rapport à eux. J’ai plus ou moins essayé de ne pas trop penser à ça.

Comment te prépares-tu pour un Show. Es-tu stressé juste avant de monter sur scène?

Parfois je suis un peu nerveux, quand c’est quelque chose de nouveau, une performance où je vais faire quelque chose de différent et donc je suis un peu stressé mais en réalité, j’aime ça. Et comment je me prépare? Et bien je fais tout le temps de nouvelles musiques bien sûr, je fais également des edits spéciales de certaines tracks et je regarde également quels titres se marient bien ensemble pour qu’il y ait un bon flow dans mes sets.

Y-a-t-il un festival, un moment spécifique qui t’as particulièrement marqué et que tu n’oublieras jamais?

Oui bien sûr, il y en a. J’ai grandi en jouant au defqon.1 et c’est sans aucun doute une partie importante de mon évolution en tant qu’artiste. Quand j’ai joué là pour la première fois, en fait j’y ai joué en 2004 sur la Talent Stage mais quand j’y ait réellement joué pour la première fois sur la Blue Stage en 2006 c’était en quelque sorte le tournant de ma carrière et où tout s’est enchaîné rapidement et je n’oublierai jamais ça..

De laquelle de tes tracks es-tu le plus fier?

C’est très difficile de le dire parce j’essaye toujours, lorsque je crée de nouvelles musiques, qu’elle soit la meilleure que j’ai jamais faite et bien sûr parfois ça ne l’est pas mais je veux le voir de cette manière. Dans ma carrière, il y a eu certaines musiques qui ont été très importantes pour moi et une des tracks à laquelle je pense immédiatement et qui est aujourd’hui toujours aussi importante pour moi, c’est Rock Civilization.

Il y a quelques années, tu as pris un jeune Dj sous ton aile : Adrenalize. Tu l’as aidé à démarrer sa vie professionnelle en tant que Dj. Comment as-tu découvert ce jeune homme et comment votre collaboration s’est-elle passée?

Oui bien sûr, je faisais des podcasts et c’est pourquoi j’étais très ouvert à ce qu’il se passait sur la scène Hard, les nouveaux gars, etc.. Et puis j’ai reçu une musique de ce jeune qui venait de signer avec Scantraxx et je voulais vraiment lui donner la chance et lui ouvrir les portes qui m’ont été ouvertes dans le passé. C’était donc, pour moi, une très bonne décision et j’ai été sa source d’inspiration autant qu’il l’a été pour moi.

Après 38 épisodes d’Hard With Style, es-tu toujours motivé et heureux de faire ce podcast?

Oui bien sûr, J’aime parler de musique parce mon cœur en est rempli, puis je me sens vraiment à l’aise quand je dois parler au micro. Donc oui, c’est toujours chouette de le faire !

Tu as commencé à laisser pousser tes cheveux, ce qui retire ta marque de fabrique, ton Heady Style. Ton style musical vire du Hard vers la Big Room, beaucoup de gens ne comprennent pas ce choix et te critiquent vis à vis de celui-ci. Que leur répondrais-tu aujourd’hui?

C’est tout à fait logique, les gens ont peur du changement, parce que tout change. Quand les gens disent «Pourquoi changes-tu ta musique?». Je leur réponds juste «Regardez-vous il y a 8 ans, qu’est ce que vous écoutiez? Est ce que c’est la même chose qu’aujourd’hui?».
Je peux presque dire que 90% des gens, après quelques années, écoutent quelque chose de différent et c’est le cas pour moi aussi. Je suis un homme, j’ai mes goûts et ils évoluent également. Donc pourquoi est-ce que les gens veulent toujours que l’artiste fasse ce qu’il a toujours fait depuis le premier jour même si ce dernier n’apprécie pas forcément cela et a envie de changement? Cela ne marche pas comme ça, du moins ça ne doit pas marcher comme ça quand vous êtes vrai envers vous-même, quand vous n’avez pas peur de changer. Quand j’ai commencé à faire de la musique, je la faisais pour moi-même et au moment où tu commences à avoir des fans, ils espèrent que tu la fasses pour eux mais ce ne sera jamais comme ça pour moi. Je fais de la musique qui sort d’ici et qui va là-bas (NDLR : du cœur vers le public). Mais ça ne doit pas se faire dans l’autre sens. Si je commence à faire ce qu’ils veulent et que ça revient à mon cœur, c’est la mauvaise direction. Ça doit venir de moi, c’est pour cela qu’ils m’aiment au départ et s’ils n’apprécient plus ce que je fais, c’est qu’il est temps pour eux de passer à autre chose.

Produiras-tu encore des tracks Hardstyle un jour?

Haha, on verra bien!

On a vu sur Facebook quelques photos de toi avec Martin Garrix, qu’est ce que vous nous préparez?

Oui, nous travaillons ensemble, nous avons fait une ID ensemble et nous l’aimons beaucoup. En ce moment. Il est extrêmement occupé, beaucoup plus que moi je le suis. Je ne lui mets pas beaucoup de pression mais je l’ai vu hier et il m’a dit qu’il travaillait dessus, je suis très curieux de voir ce qu’il a fait. Mais oui, nous avons eu une chouette idée.

Si je devais choisir une de tes tracks, je prendrais Dragonborn et plus spécialement après l’avoir entendu dans ton intro à la Bassleader de 2012, l’edit de Malukah. Quelle est l’histoire de cette track?

En fait, l’histoire de cette track est que je suis un très grand fan du jeu Skyrim. J’y jouais chaque nuit avec mon cousin, un de mes meilleurs amis. Et quand on jouait, un à la fois car c’est un jeu solo, donc on se passait les manettes, une demi-heure chacun. Pendant qu’il jouait, j’écoutais la musique et je me suis dit «Je vais essayer quelque chose», j’ai pris mon laptop et j’ai fait la mélodie dans mon style et il était là: «Waouw, c’est énorme». Je l’ai terminée assez rapidement car je devais jouer à Mysteryland au Chili. Je l’ai finie dans l’avion et jouée là pour la première fois, c’est comme ça que cette track est née.

Que pouvons nous attendre de toi dans un futur proche?

Dans un futur très proche, j’ai ma 2e collaboration avec W&W, We control the sound, qui va être releasé, nous sommes tous les 3 très fiers de cette production. C’est, je pense, une collaboration parfaite. La rencontre de 2 genres et je suis très fier de ça.

Propos recueillis et traduits par Alex Tulippe

 

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